Aujourd’hui je vous propose de lire le test du casque bluetooth/filaire de Nokia, le BH-905 en l’associant au N900 proposé par Franck-Sébastien E, aka Inextenza sur le forum.
Avant de vous lancer pleinement dans cette lecture, il est important de noter que c’est un test qui apporte des informations importantes et notamment tout ce que vous devriez aimer savoir sur le BH-905 mais sous une forme quelque peu originale ![]()
Enfin, n’hésitez pas à poser vos questions en commentaires, Inextenza ou moi même essaierons de vous répondre au mieux !
Présentation
Voici le Nokia BH-905. Histoire d’utiliser des mots à la mode fashion-Net-two-dot-ho, c’est le flagship des accessoires nomades du finlandais leader mondial dans la conception de terminaux GSM.
Rien que ça, oui madame !
Donc, geek-compatible, ça va, mon acné allergique ne devrait pas se réveiller.
Le contenu de la boite
Dans la boite, se trouve un épais mode d’emploi, devenu rare, et pourtant, pas si inutile, puis la sacoche où tout est déjà à sa place.
C’est une galette de cuir (!) (Fabriquée en Turquie) avec une petite pochette en lycra (ou un truc dans le genre) léger sur la face inférieure.
L’intérieur est capitonné, et tous les câbles et adaptateurs tiennent à l’aide d’élastiques larges et individuels. Une nana aurait probablement l’impression de tenir une mini Vanity, et un mec, une trousse à outils chic.
Il y a donc
- un adaptateur avion, dont l’une des fiches est articulée
- un adaptateur 1/4″ (6.3mm, format habituellement présent dans la Hifi) vers 3.5mm, 3 contacts
- un adaptateur 3.5mm vers 1.8mm, 4 contacts
- un adaptateur 3.5mm, 4 contacts vers 3.5mm, 3 contacts
- un câble Jack 2.5mm vers 3.5mm, 4 contacts, pour relier le casque (2.5mm) à une prise «classique»
- un chargeur miniature au format de N-Séries, 800mA (on pourra donc recharger le N900, en utilisant l’adaptateur fourni avec le téléphone, si besoin)
- une petite chiffonette, ça, c’est cadeau
Tous les connecteurs sort plaqués or, gage de longévité et surtout de qualité de transmission du signal. Les adaptateurs verrouillent fermement les fiches.
Dans ma boite, il manque une rallonge 3.5mm de 1m70. Le Nokia Store refuse de me le livrer… bravo…
(Il est présent sur le packaging, les notices, mais est désormais supprimé de la boite. Juridiquement, ça s’appelle comment, ça, déjà? Bref.)
Le casque
Ah oui, il reste un truc.
Un casque au design bizarre, rangé dans les reliefs du capitonnage percé au niveau des écouteurs.
Ce design des arceaux permet de ne pas avoir l’impression de porter un serre-tête. Déjà qu’il n’est pas très lourd (comparativement à un casque fermé, par exemple), là, niveau port, seul le fait d’avoir chaud aux oreilles vous rappelle qu’il est bien là.
Je le trouve étonnamment discret. D’après les photos, et après avoir vu le Seinnheser, je m’attendais à des écouteurs plus volumineux.
C’est loin d’être négligeable, pour s’en servir en public, et qu’on souhaite ne pas trop (il reste quand même la largeur et forme des arceaux) attirer l’attention sur soit.
La partie haute ainsi que les coussins sont revêtus de cuir et d’une mousse dense et moelleuse. Il n’est pas possible de sentir l’armature métallique en le portant.
Le réglage de la longueur des branches se fait à l’aide de deux glissières latérales, correctement freinées.
Sur les faces externes, de l’aluminium brossé habillent les écouteurs. C’est très beau, et tranche réellement, avec le Bose, qui fait très plastique vieillissant ! La plaque de droite est mobile, pour réaliser les boutons on/raccrocher/off et lecture/pause. Avance et retour sont en plastique chromés, tout comme le cerclage des écouteurs.
Les autres boutons et fonctions:
- volume +/- par bascule, à droite, sur l’épaisseur,
- puis, prise mini jack 2.5 de raccordement filaire,
- puis, une petite LED verte à l’allumage, et bleue pour matérialiser l’appairage Bluetooth (était-ce bien utile que cela clignote en permanence?) et rouge orangée pour l’extinction,
- à gauche, la prise chargeur Nokia N-Séries (70, 80, 95…),
- une LED rectangulaire rouge lors de la charge, verte lorsque l’ANC est allumé,
- l’interrupteur à glissière de l’ANC.
ANC : sigle Nokia signifiant Active Noise Cancellation, ou annulation active de bruit. Elle est conçue par Wolfson AudioPlus.
Quand l’ANC est coupé, le casque révèle clairement que c’est un casque dit ouvert. C’est à dire que, entièrement éteint, il est transparent, il n’y a pratiquement pas d’atténuation passive, comme sur un semi ouvert, ou un fermé.
Avec ou sans ANC?
D’un point de vue qualité musicale, je ne perçois pas de variation. Ce système d’atténuation ne se fait donc pas au détriment du son que doit transmettre le casque.
La première chose qui frappe, lorsque, sans source sonore, on met le casque sur la tête, puis, qu’on allume l’ANC, c’est une impression sensible de pression.
Je pense que chaque individu a une sensibilité différente à ce niveau, et, pour ma part, ça en est presque gênant, en tout cas désagréable dans certaines circonstances..
Mais… un casque audio, c’est fait pour écouter de la musique, non?
Play.
Et là, cette sensation disparait dès les premiers sons.
Mais pourquoi trépignez-vous ainsi?
Je ne comprends pas, qu’attendez-vous?
Oui, toi, au fond, qui lève le doigt (c’est bien, tu auras une image), tu as une question?
«Et c’est efficace, ton ankh?»
On dit « Ah enne cé », pfff, encore un adepte des livres de Werber, j’vous jure…
Humm?
Oui bon bon bon, ça vient, ça vient!
La première fois qu’on teste un truc pareil, que ce soit Nokia ou un autre assez récent, c’est spectaculaire, quoiqu’il arrive.
Là, dans mon openspace, il y a toujours un brouhaha de fond (la zone de pause n’est pas loin, et il y a une densité assez élevée de bureaux), une ventilation, et au moins 1 PC par poste.
La première pensée va à ce qu’on développe tous, la surdité psychologique.
En particulier lorsqu’on écoute de la musique à volume faible (ça devient réellement faisable) depuis quelques minutes, et qu’on a l’idée devenue saugrenue d’éteindre l’ANC, on se dit alors. «Mais mince, en principe, habituellement, j’entendais tout ça?!» Je comprends un peu mieux une des causes de maux de tête et fatigue, par habitude, on ne se rend plus vraiment compte qu’on peut travailler dans un environnement bruyant. Disons que, comme il y a beaucoup de discussions, je pensais qu’il filtrerait peu, et que je gagnerai surtout en confort et sécurité pour mes tympans, par rapport à mes intra-auriculaires.
Alors, ça filtre quoi?
Les sons.
Ouaip, d’accord, merci Franck, tu nous as bien avancés, là.
Ça lisse les courbes de son, en émettant un son opposé en phase. Si vous vous souvenez de vos cours de physique, durant lesquels vous mesuriez la sinusoïde d’un courant alternatif, comme ce qui sort des prises électriques, le son se comporte à peu près ainsi. C’est une série de compressions et de détentes de l’air, ce qui forme une vibration, qu’on peut caractériser par une courbe. L’idée est de superposer une courbe exactement opposée: deux énergies opposées s’annulent, les harmoniques deviennent plates, la fondamentale se pète la gueule, bref, ça ne vibre plus dans nos « p’tites n’oreilles ».
En pratique, on reprend souvent l’exemple du voyage en avion, car, s’il y a bien un univers bruyant et constant en bruit, c’est à bord d’un coucou.
Constant en bruit?
Oui, car on parle d’un casque aux dimensions compactes, tout de même, pas du truc à transmission de pensée du Dr Ehmett Brown. Donc, on a un petit processeur, capable d’anticiper un son d’une certaine constance, pour le contrer.
Ça veut dire que ce casque est capable de parfaitement supprimer le ronronnement d’une ventilation, d’un moteur, d’une machine, mais pas le coup de corne de brume que votre voisin enrhumé vient d’envoyer dans son mouchoir.
Ceci dit, sans avoir fait la comparaison avec la concurrence, ce BH-905 m’étonne, car il arrive à supprimer le bruit de fond, et à estomper les conversations normalement intelligibles.
Il y à aussi quelques effets de bord: le son assez feutré des touches de mon clavier me semble plus aigu et sec. Ça doit pouvoir s’expliquer parce que les graves sont des sons plus puissants…
J’ai poussé le vice (plaisir!) à descendre dans une salle serveurs (pour les initiés: 2 baies 42U pratiquement pleines, avec des blades centers, machines 1 à 4U, SAN… et bien sûr la clim’ qui va avec). C’est une salle particulièrement bruyante, dans laquelle il est fatiguant de rester plus que quelques minutes. Évidemment, un casque ouvert ne peut pas contrer autant de puissance sonore, mais tout de même! On est très proche de l’effet de bouchons d’oreilles, la musique en plus, pour recouvrir un peu plus le bruit ambiant (et l’effet cache oreilles pour avoir moins froid… rigolez pas, ça caille là dedans!). Quand j’arrête la musique, on sent bien cette pression exercée par les hauts parleurs, ça bosse dur!
Donc, désactiver l’ANC, c’est bien si on a un besoin prioritaire du Bluetooth et qu’on a des doutes sur l’autonomie (Je n’ai rechargé le casque qu’une fois en 1 semaine et demi, et il n’y a hélas pas d’indicateur), et quand on ne porte pas le casque (il n’y a pas de mise en veille automatique de l’ANC). À part ça, à mon humble avis, il n’y a pas vraiment d’occasion de le couper, on l’a payé assez cher pour l’avoir en plus, non?
Contre écoute : une collègue possédant le Bose (modèle compact) estime qu’on est au moins comparable. Je complèterai cet avis quand elle pourra me le ramener.
Avec ou sans le Bluetooth?
Là, par contre, ça se discute.
Dans les transports, ou autres déplacements, quand on a un monolithe siglé N900, on le planque au fond d’une sacoche, sac à dos, grande poche de parka (pas pratique l’été), et on gagne un confort incroyable de ne plus entendre la résonance grinçante des frottements du câble (il n’est pas isolé contre les résonances), ou d’être la victime tordue des cervicales, d’une lutte acharnée entre lui et la grosse fermeture éclair de son blouson.
Les boutons fonctionnent tous bien, silencieusement pour le volume (qui a des «crans» très serrés, le son est donc très finement dosable) tant qu’on n’arrive pas au minimum, et petit bip pour les autres.
Par contre, on entend les états Bluetooth: très très léger souffle en veille, souffle un peu plus prononcé quand il est actif, et les transmissions en portent un également. Mais relativisons, mon vieux AKG UHF est presque pire, c’est léger, mais perceptible.
Ensuite, je branche le câble Jack-Jack (contre Indestructible Boy?) en commençant par le casque.
Info: ça coupe instantanément le Bluetooth.
Et donc, si jamais vous écoutiez de la musique, elle va alors sortir du téléphone.
En pleine journée, dans un openspace.
Avec le player en tache de fond.
Moment de solitude, quoi…
(Astuce, dans la panique, j’ai ouvert le clapet de l’appareil photo, ça a mis la musique en pause, ouffff).
Mise à jour Yves : avec la dernière version de l’application Headphone deamon lorsque l’apparaige BT se coupe, la musique se met en pause automatiquement.
Bref
Là, le son est propre, il ne reste que le très très léger ronronnement de l’ANC.
Mais
Sniff
Encore un bug du N900 : aucun bouton ne fonctionne! Ça, par contre, c’est moche!
Autre bug agaçant du N900, sa «touche» vieille cassette. MP3 + Bluetooth, c’est 60% d’occupation CPU en moyenne (ça grimpe pas mal aux changements de titres. J’encode à haut débit, soit en MP3, soit, généralement, en AAC), ce qui fait que, assez régulièrement, il y a des blancs de quelques dixièmes de secondes (je soupçonne la synchronisation imap, réglée à 10 minutes). Ensuite, le N900 se dit «oups, faut que je me dépêche à tout lire» et accélère le débit. Puis «oups, y’a un radar» et ralentit un peu trop. Bref, vous vous souvenez de ces bonnes vieilles cassettes FE un peu distendues et démagnétisées, ou du lecteur qui a les courroies fatiguées? Merci Nokia de nous susciter ce brin de nostalgie, mais ce n’est rigolo que 5 minutes.
Donc, soit on a un usage nomade du casque, et on l’utilisera en Bluetooth avec toutes ces fonctions agréables, soit on est plutôt sédentaire, et là, on cherchera la qualité du filaire, et son autonomie accrue.
Note technique: Bluetooth 2.1 + EDR et profils Headset Profile 1.1, Hand Free Profile, (HFP), A2DP 1.2, Audio Video Remote Control Profile 1.0
Et le rendu sonore alors?
Attention, précision sur ce qui va suivre: le BH-905 est visiblement optimisé pour restituer du MP3 (ou tout autre format de compression destructrice) en regard de sa bande passante étroite, de 15Hz – 20.000Hz (classe Hifi).
Dans les faits, l’oreille de l’homo sapiens-sapiens est capable d’entendre des sons de 20Hz à 20kHz.
Si les fabricants de casques haut de gamme proposent des bandes passantes de 5Hz à 40kHz, c’est, d’une part, pour le ressenti (infra basses, le truc qui fait vibrer les tripes en silence) et pour une définition optimale (en hautes fréquences, ça bouge beaucoup, et un son «cristallin» est à ce prix).
Or, le MP3, avant même de commencer à compresser quoique ce soit, va commencer par balancer dans le cyberspace tout ce qui n’est pas humainement audible, donc, tous les sons dont la répétition est espacée de je ne sais plus combien de millisecondes (rémanence auditive) et ceux dont la fréquence n’est pas comprise entre les 20Hz et 20kHz.
Donc, ce rapide test n’est fait que à l’aide de CD originaux, gage de qualité (je n’ai pas de lecteur DAT, sniff!), n’en déplaise à ceux qui ont déjà enterré ce média, au profit de ces foutues plateformes de téléchargement. Mais, conscient qu’on utilise tous des musiques écorchées par le MP3/OGG/AAC/WMA/… ce que je veux dire, c’est que, pour cet usage, le BH-905 est PARFAITEMENT adapté. Le son qu’il restitue, en filaire comme en Bluetooth, est vraiment plaisant. Ce qui suit est donc plus un exercice de style qu’autre chose, car, généralement, chez soi, on ne prend pas un casque ouvert à réduction active de bruit, mais un casque fermé, c’est à dire avec le coussin qui se pose non pas sur, mais autour de l’oreille.
Pour les puristes des puristes, je suis désolé mais je n’ai pas un vrai lecteur de CD (j’accepte les donations de Micromega, ou le gardiennage de Cambridge), mais une platine DVD-A, et je fais mes tests via sa sortie Jack, pour ne pas passer par les DSP de l’ampli.
Test 1: Faithless, intro de l’album « Reverence »
Maxi Jazz parle façon R’n'B sur une ambiance lourde. Avec une bonne installation, l’ambiance est transfigurée par de lentes et intenses explosions d’infra basse, entres autres apparitions vocales aiguës. Bref, soit on n’entend rien, soit on entend tout, ça ne pardonne pas.
C’est mon titre étalon à chaque fois que j’ai à tester du matériel, car il multiplie la difficulté phoniques aussi dans les aigus (chanteuse et ambiance, c’est de la musique électro)
Bon on a la présence des sons, on sait que tout est là. Mais, les «impacts» sont tronqués en longueur. En pratique, ils cognent plutôt pas mal, mais ne sont pas intégralement retranscrits.
J’ai fait une écoute comparative avec des écouteurs semi intra-auriculaires Sony haut de gamme.
Vous me direz que ce n’est pas comparable?
Vous avez raison, mais contrairement à toute attente, le BH-905 se fait laminer. Les écouteurs sortent un son net, très bien défini, les basses, bien que modérément profondes (il faut dire que, avant, j’avais les excellents Koss ThePlug première génération, et eux, exagèrent les basses) malgré une bande passante descendant à 5Hz (non non, il ne manque pas de chiffre, et j’écris bien sur des écouteurs… quand je dis que le Nokia a un manque… face à du vrai matériel) mais ça ne traine pas, c’est dynamique, le son se prolonge. Et pas uniquement les basses : sans avoir une oreille exercée (je ne suis pas musicien, et n’ai jamais eu à étudier/travailler le son en dehors d’un studio de radio), on perçoit que les Sony a un son plus propre, et fidèle, là où le Nokia colore le son, il est plus chaud et plus mou.
Test 2: Nightwish – « The Bhantom of the opera » version studio
Tarja, dans ce morceau de métal très rythmé, claque une montée de je ne sais pas combien d’octaves. On va voir comment tous les sons seront découpés, et voir si les aigus grésillent. Je me fais plaiz’
Là, il est beaucoup plus difficile de départager mes instruments d’écoute, tant les sons sont denses et nombreux.
Test 3: Nightwish – « End of all Hope » (bon, et la suite aussi en fait, c’est toujours difficile d’interrompre le CD Century Child)
A 2min25, il y a un je ne sais quel instrument qui émet un son extrêmement aigu, qui vient gratter la gorge.
GROSSE surprise: le Nokia a une très bonne restitution. Bon, c’est comparable au Sony, pour qui, normalement, c’est un petit point faible (il y a eu un ou 2 tests décrivant des aigus un peu secs et moyennement définis… perso, je les trouve très propres)
On perçoit quand même ses limites, mais je m’attendais à pire, on est à un niveau de qualité agréable.
Test 4: Dead Can Dance – Frontier (puis Carnival of light)
N’étant pas fan de musique classique, et encore moins d’opéras, c’est ce que j’ai de mieux pour tester un son riche.
Le Nokia s’en sort bien, et se permet de remettre à sa place l’AKG, pénalisé ici par sa liaison radio (rappel : ces tests sont fait uniquement en filaire avec le BH-905), mais les écouteurs Sony MDR-EX90 restent devant. Je les trouve plus pêchus, le casque Nokia a tendance à amortir et un peu réchauffer les sons.
Conclusion du rendu sonore
Bon bah, c’est écrit sur la fiche technique, avec un mono transducteur ne descendant pas très bas, le BH-905 n’a pas la pêche dans les musiques énergiques. Mais, en trichant avec les ambianceurs/équaliseurs, on peut arriver à quelque chose, mais on y perd évidement musicalement, bon… oh et puis boaf, sur du MP3, on a le droit, de toute façon le mal a déjà été fait
.
Par contre, à part ça, il sort un son propre sur sa plage efficace, et monte haut sans devenir criard, c’est une bonne surprise.
Comme écrit à l’instant, ce casque s’adresse à un public «nomade», tout en réclamant le budget plus habituel d’un autre, celui adepte de la haute fidélité, d’où cette tentation et tentative de mélanger les genres.
Les nomades, ceux qui utiliseront le Bluetooth de bonne qualité, et les travailleurs et/ou voyageurs, qui recherchent un environnement sonore agréable, seront comblés. Et je fais partie de cette catégorie, n’utilisant un casque chez moi que rarement, finalement (mon immeuble doit être bien isolé, on ne m’a pas encore couché de motos dans le parking).
Les audiophiles, ceux pour qui un casque dont le prix est écrit avec 3 chiffres est courant, logique et normal, auront à redire. Ce n’est clairement pas un casque qui se permettra de faire la leçon à un Audio Technica (pour info, bande passante: 5-35000Hz et 102dB de sensibilité, à moins de 200€) un Shure, ou un AKG. Le son n’est pas neutre, assez dynamique mais manquant de profondeur.
Contre-écoute
Une copine pas du tout technicienne ni audiophile, a testé le casque, les écouteurs, mais aussi mon vieil AKG UHF, sur les mêmes morceaux.
Mon classement qualitatif phonique : les intra Sony, puis le Nokia, puis, l’AKG.
Son classement: pile l’inverse !
En fait, il y a un autre paramètre qui influence énormément l’écoute : le confort et la dispersion. En fait, l’AKG est un casque dit semi ouvert, c’est à dire qu’il prend toute l’oreille en se posant tout autours, tout en n’isolant pas complètement. L’écouteur est donc nettement plus grand, le son vient plus naturellement, il est moins dirigé. Son classement est celui de la taille, et ce, de façon inconsciente.
Par contre, niveau discrétion, on repassera…
Et les autres usages?
Pour ce qui est de l’appairage avec un PC ou avec un Mac, mon dongle Bluetooth est beaucoup trop vieux (8 ans! C’était un des premiers) pour supporter le protocole audio. Néanmoins, Yves nous a rapporté sur le forum, que son casque s’intègre parfaitement à un usage informatique, que ce soit les boutons de pilotage multimédia, ou la conversation (les personnes avec qui il a conversé ont jugé la qualité de transmission de la voix très correct).
Pour les appels, j’avoue que, autant appeler avec une oreillette me semble naturel, autant j’ai du mal avec le casque. En effet, ça isole beaucoup plus. Du coup, c’est bête à dire, mais je n’ose pas parler naturellement, craignant de déranger mon entourage. Même en parlant un peu plus fort, mes correspondants ont eu du mal à m’entendre, ce qui m’imposait de basculer sur le téléphone. Cette constatation contredit 2 avis lus sur le forum, ce qui m’a fait demander un échange (accepté) auprès du Nokia Store. Mon casque ici testé souffrirait donc d’une panne au déballage des micros de conversation.
Pour les boutons de pilotage de musique, avec le N900, elles ne fonctionnent actuellement que en Bluetooth, mais sont bien pratiques, en particulier le contrôle du volume sonore, et répondent rapidement. A noter que, si vous vous éloignez de votre téléphone (je n’ai pas testé la portée, elle dépasse en tout cas les 10 mètres avant que cela ne se mette à grésiller), l’appui par exemple de la touche play/pause va faire sortir le casque de sa veille, et provoquer l’appairage. Une fois le double bip aiguë entendu, les touches sont de nouveau opérationnelles, et un appui sur play/pause (bip un peu plus grave que le premier appui de réveil) relance la musique.
Le mot de la fin
Pour moi, même si je peux paraitre critique, ce casque est une réussite : Nokia a cerné un besoin, des usages courants, et a conçu le produit qui y répond, ni plus ni moins.
Ce n’est pas le métier de Nokia que d’aller titiller les seigneurs, qui font des casques HiFi depuis des dizaines d’années, et de faire monter le prix encore plus haut, en utilisant des transducteurs de la gamme supérieure, alors que la cible, ce sont des gens qui vont écouter des MP3 sur leur mobile et ordinateur.
La marque signe tout de même un produit haut de gamme, et je ne parle pas là que du prix. C’est un casque visiblement fait pour durer, et tous les détails ont été soignés, que ce soit le nombre d’accessoires, l’impressionnante sacoche de rangement, et évidemment, les matériaux et les ajustements du casque. Là, franchement, la critique est très difficile!
Nous avons là un casque à l’usage extrêmement ouvert. On peut communiquer avec, on peut piloter son lecteur multimédia, l’utiliser en charge ou même déchargé comme un casque «classique», sa stack Bluetooth est standard et complète, ce qui le rend universellement compatible, et, de toute façon, il se convertit en casque filaire, à l’aide d’une connectique standard, elle aussi (bon, ne cherchez pas dans le commerce un câble mini-jack jack 4 contacts, mais les fiches, elles, se trouvent, ce n’est pas un format propriétaire) et une réduction active de bruit redoutable.
Un casque audiophile, lui, ne sort jamais d’une maison.
Et, j’ose croire qu’il n’est jamais branché à un baladeur MP3 ![]()
Même prix, 2 mondes, à vous de choisir.
J’aime le beau son, et pourtant, je ne regrette pas mon achat, en tout cas au prix réduit (183€ port compris) auquel il a été vendu jusqu’à mi février sur le Nokia Store (au prix « normal » de 270€, là, j’avoue que j’aurais renoncé et acheté un AKG fermé, moins cher, moins polyvalent, et plus performant dans sa seule et unique fonction). Cela donne juste envie d’avoir en fait 2 casques: ce BH-905 pour le tout venant, et un gros machin filaire qui remplace un 5.1 autrement plus couteux, pour chez soi exclusivement. C’est dans combien de temps, noël?
Note : le stylet du N900 présent sur les photos, mesure 10cm de long et 4.5mm de large.
Aller plus loin:







Auteur: Inextenza (2 Articles)